GUIDE DE CARACTÉRISATION ET D’ESTIMATION DES PAYSAGES DU RÉSEAU DES PARCS - NATURE DE LA COMMUNAUTÉ URBAINE DE MONTRÉAL

PUBLICATION - GUIDE

Citation régionale

décerné par l’ASSOCIATION DES ARCHITECTES PAYSAGISTES DU CANADA (1999)

 

Client  La division des parcs-nature du service de la mise en valeur du territoire de la Communauté urbaine de Montréal

Adresse 2580, boulevard Saint-Joseph Est, 3e étage, Montréal, Québec, H1Y 2A2.
Responsable du projet  Paul-André Cloutier, architecte paysagiste/aménagiste
Rédaction  Patrick Boivin, biologiste/aménagiste
Infographie  Éric Pedneault, assistant-technique
Illustration  Sébastien Hébray

 

Mise en contexte

 

 

 

 

 

 

Le Guide de caractérisation et d’estimation des paysages du réseau des parcs-nature de la Communauté urbaine de Montréal (CUM) est un document qui se situe dans la continuité des efforts de la Division de l’aménagement du Service de mise en valeur du territoire de la CUM de se doter d’un instrument d’évaluation du paysage lui permettant de tenir compte d’un ensemble de composantes influençant la qualité de l’expérience paysagère. Pour bien saisir l’approche proposée, il est intéressant de rappeler le contexte dans lequel il s’inscrit et la motivation qui l’a initiée.

Le réseau des parcs-nature, empreinte des quelques derniers espaces verts de l’île de Montréal, nous offre une diversité de ressources naturelles et culturelles à la fois uniques et exceptionnelles. Cette richesse, la Division de l’aménagement a pour mission de la conserver, la mettre en valeur et la rendre accessible à la population. Ayant comme prémisse que les ressources fauniques et floristiques sont à l’origine même de l’intérêt que suscite la majorité des parcs-nature, la CUM a mis en place en 1997, un outil de gestion écologique lui permettant de préserver et de conserver ces ressources. Cet outil appelé Programme de gestion des écosystèmes des parcs-nature a également pour objectif de mieux comprendre la dynamique des paysages des parcs. Dans ce cadre-ci, le paysage est défini essentiellement par l’occupation du sol et son traitement est orienté principalement par une analyse spatio-temporelle afin d’en saisir l’évolution. La dimension liée à la qualité de l’expérience paysagère n’est alors pas considérée dans cette analyse.

Cette dernière constatation est, en quelque sorte, l’élément initiateur d’un besoin de mettre en place une approche d’évaluation du paysage tenant compte de la qualité de l’expérience paysagère au sein de la gestion des parcs-nature.

Toutefois, les parcs étant situés en milieu urbain, le paysage est souvent confronté à des changements rapides. De plus, la présence de nombreuses friches au sein des parcs fait en sorte que les paysages évoluent rapidement. Ces paysages peuvent également se modifier suite à certaines interventions. Ces changements influencent l’expérience paysagère. Aussi, il était souhaitable de mettre en place une structure d’inventaire et de gestion qui permet de tenir compte de la qualité de l’expérience paysagère, surtout que les paysages constituent un des éléments clés au niveau des activités et de leur promotion.

Objectifs de l’approche de caractérisation et d’estimation des paysages

 

Dans la perspective de mise en valeur où le paysage devient une des ressources clé du développement, l’approche proposée vise à répondre aux objectifs suivants :
  1. Découper le territoire selon une échelle qui permet de dégager les composantes les plus subtiles du paysage pouvant agir sur la qualité de l’expérience paysagère;
  2. Fournir une base d’informations qui qualifie le paysage et lui attribue une valeur de cotation;
  3. Dégager des objectifs paysagers permettant d’améliorer la qualité de l’expérience paysagère;
  4. Fournir un outil de travail permettant de mieux orienter les interventions dans le cadre de l’élaboration du programme d’entretien préventif. Lequel permettra de mieux orchestrer les contrats d’entretien en précisant les actions à prendre afin de répondre aux objectifs paysagers fixés.

En regard de ces objectifs, l’application d’une telle approche permet de mettre en place les bases d’un outil de gestion complémentaire dont le but ultime est de maintenir ou d’améliorer la qualité de l’expérience paysagère. Toutefois, ce but poursuivi ne doit pas compromettre la pérennité des ressources qui dans bien des cas sont l’assise même de l’expérience paysagère recherchée.

Les fondements dont s’inspire l’approche pour caractériser et estimer le paysage

 

 

Dans le cadre de l’approche proposée, nous reconnaissons qu’à la base du paysage réside un ensemble de composantes d’origine naturelle ou anthropique. L’organisation de ces composantes, qui est l’expression de facteurs naturels et culturels en constante interaction, est perceptible de manière prépondérante par la vue, mais dont la perception est enrichie par les autres sens.

En regard de cette reconnaissance où le paysage doit être perçu dans sa globalité, l’approche nous convie à considérer bien plus que le paysage visuel. En effet, l’expérience paysagère est aussi influencée par le paysage sonore, olfactif et culturel de même que par le degré d’intégration des aménagements (sentiers, belvédères, mobilier,…) qui rendent possible cette expérience.

La description de la grille de caractérisation et d’estimation des sites de paysage

 

Tout d’abord, la grille aborde le paysage selon six dimensions différentes (structure du paysage, éléments caractérisant le paysage, dynamisme du paysage, facteurs psychologiques influençant un paysage, intégration des aménagements, valeur culturelle). Chacune de ces dimensions est par la suite quantifiée en fonction d’un ensemble de composantes qui influence la perception du paysage
Fiche de qualification des sites et de définitions des objectifs paysagers

 

L’application de la grille, décrite précédemment, sur l’ensemble d’un parc-nature se traduit généralement par la caractérisation et l’estimation de nombreux sites de paysage. Bien que l’information recueillie s’avère compréhensible par l’estimateur, cette information peut être beaucoup moins accessible par une tierce personne ou suite à un délai important entre la prise de données et une consultation future par l’estimateur. En regard de cette situation, nous proposons la création d’une fiche de qualification pour chacun des sites de paysage. Cette fiche sous forme de différents tableaux décrit de manière factuelle chacune des composantes afin d’en préciser les éléments estimés. Chacun des tableaux affiche une cote partielle permettant de mieux dégager l’influence positive ou négative de certaines dimensions du paysage. Parmi ces dimensions, nous en avons retenues cinq afin d’établir une classification des paysages (A, B, C ou D). Selon différents intervalles de valeur, chacune des classes est obtenue par la sommation des cinq cotes partielles.

À la lumière du portrait tracé par cette fiche et des valeurs obtenues, quelques objectifs paysagers peuvent être proposés afin de maintenir ou d’améliorer la qualité de l’expérience paysagère.

Cette fiche se veut un outil pratique qui permet aux responsables de l’aménagement ou de l’entretien de prendre contact avec différents éléments pouvant contribuer ou nuire à la qualité de l’expérience paysagère associée à chacun des sites. Ils pourront ainsi poser des actions pour la concrétisation des objectifs paysagers proposés.

Conclusion

 

L’approche proposée dans ce guide nous a permis de constater qu’elle ne se limitait pas uniquement à un outil d’inventaire et d’estimation du paysage, mais qu’elle s’inscrivait également dans un processus plus global lié à la mise en valeur et la gestion des sites de paysage. Dans cette perspective, il est important d’orienter les interventions, non pas selon du coup par coup, mais tendre plutôt vers des interventions planifiées qui assureront à court, moyen et long terme la création d’un paysage offrant une expérience paysagère de qualité. À cet égard, nous considérons qu’il est maintenant opportun de mettre en place un programme d’entretien différent pouvant répondre à cette nouvelle orientation de gestion.

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