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| L’histoire
de l’architecture de paysage au Québec c’est en fait l’évolution
des transformations du paysage naturel du 17e siècle jusqu’au
paysage urbanisé du 20e siècle. Trois siècles de
planification et d’aménagement ont laissé de profondes
traces qui forment le cadre spatial que nous habitons de nos
jours. Les premiers colons, les religieux, les ingénieurs
militaires, les horticulteurs, les jardiniers et les
développeurs urbains ont à leur façon pratiqué l’architecture
de paysage.
Ce bref exposé vise à brosser un aperçu de l’évolution de l’architecture de paysage en présentant les principaux moments de l’évolution de la profession. Même si l’émergence de l’appellation d’architecte paysagiste est relativement récente en Amérique du Nord (1857), la pratique de la profession prend à l’origine ses racines dans le développement même de ce nouveau continent et aussi face aux grands courants de réforme urbaine.
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Depuis toujours, l'homme a cherché à aménager son environnement et à intégrer la nature à son quotidien. Au début, l'homme a désiré dominer la nature en contrôlant son développement et en l'utilisant pour ses propres fins. L'Atrium romain, les jardins mauresques, les cours médiévales et les jardins de la Renaissance reflètent ces préoccupations. Au 18e siècle, l'avènement des mouvements romantique et naturaliste amènent l'homme à calquer la nature et à composer avec son caractère " sauvage ". On assiste à la naissance des jardins " à l'anglaise " qui détrônent les aménagements dits " classiques " de la Renaissance.
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| La colonisation du nouveau continent laisse peu de place à la création de jardins. Toutefois, à mesure que les villes s'urbanisent et se densifient, on ressent le besoin de se réserver des lieux de détente. C'est l'apparition de petits jardins formels à la française. En Nouvelle-France, à l'intérieur des villes fortifiées de " Kébec " et de " Ville-Marie ", les jardins formels sont surtout aménagés pour les besoins des administrateurs, des gouverneurs et des intendants. D'autre part, pour répondre aux besoins d'autosuffisance des communautés religieuses, des jardins s'intègrent aux cours intérieures des institutions. De plan carré et par des axes perpendiculaires, le jardin comprend des cultures maraîchères, fruitières et médicinales tout en offrant un lieu de méditation et de promenade.
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Peu à peu les villes se développent et offrent de plus en plus d'espaces dits " publics " tels les squares, les places publiques et militaires ainsi que les marchés. Il est intéressant de constater que la plupart de ces lieux conservent encore de nos jours, leur vocation publique.
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Au 19e siècle, l'accroissement de la population urbaine et l'attrait de la ville provoquent un éclatement urbain. La ville devient alors congestionnée. La densité des bâtiments sans véritable système d'égout et d'aqueduc de même que des conditions de vie pitoyables (le manque de lumière, l'air vicié et le niveau de bruit), rendent la vie difficile. Ces dures conditions et des épidémies de choléra poussent la classe aisée à quitter la ville. C'est la naissance des grandes résidences d'été hors des murs qui deviendront plus tard des résidences permanentes. Ces villas mettent en évidence la relation architecture-nature à travers de magnifiques jardins axés principalement sur des points de vue. La dégradation constante des conditions de vie durant le 19e siècle entraîne finalement une réforme urbaine préconisant la création d'espaces verts publics au cœur des villes. C'est à cette époque qu'apparaissent les sociétés horticoles, les jardins botaniques et les parcs d'esprit naturalistes.
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![]() Premier professionnel à employer le titre d'architecte paysagiste pour son plan de Central Park à New York, Frederick Law Olmsted est le mentor des architectes paysagistes en Amérique du Nord. Ses travaux et sa pensée influenceront la nouvelle philosophie de conservation et de planification des parcs pour le prochain siècle. Pour Central Park, Frederick Law Olmsted introduit un nouveau concept de parc urbain qui, à travers le style de l'école du romantisme anglais, propose à la fois des lieux naturels de détente et des espaces de loisirs actifs. En 1874, la réputation de cet architecte paysagiste est reconnue à travers le continent, et la Ville de Montréal l'embauche en vue du mandat de préparer un plan d'un parc public sur le Mont-Royal. Graduellement, le bureau de Olmsted fait école, ses disciples se multiplient et plusieurs projets d'envergure en architecture de paysage sont réalisés dans les principales villes d'Amérique du Nord.
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Frederick G. Todd devient le premier architecte paysagiste à s'établir au Canada, à Montréal, en 1900. Même s'il a reçu sa formation aux
États-Unis, notamment en travaillant dans la firme de Olmsted, il est considéré comme le premier architecte paysagiste canadien. Parmi ses plus importantes réalisations, soulignons le parc des Champs de Bataille Nationaux à Québec (les Plaines d'Abraham), et l'Île Sainte-Hélène à Montréal. Todd a aussi conçu de nombreux plans de développement urbain tel celui de la ville Mont-Royal ou encore des secteurs des villes de Pointe-Claire et de Arvida. Grâce à son influence, la profession a débordé du cadre des jardins privés et des parcs pour devenir une profession au service des entreprises privées et publiques, au même titre que celles des architectes et des ingénieurs.
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Au Québec, les années trente sont riches en réalisation de projets d'envergure. Suite à la crise en 1929, les gouvernements national et provinciaux s'entendent pour combattre le chômage, en instaurant de vastes programmes de travaux publics. Durant cette période, de nombreux projets voient le jour et profitent d'un regain d'aménagement. Par exemple : Frederick Todd supervise de nombreux travaux : l'aménagement des Plaines d'Abraham va bon train entre 1927 et 1939; la restauration et l'embellissement de l'Île Sainte-Hélène débute en
1937 ; la création du lac des Castors au parc du Mont-Royal est amorcée en 1939. Dans cette foulée, on assiste à la création et à l'aménagement du Jardin Botanique de Montréal en 1932.C'est aussi à cette époque que les architectes paysagistes, conjointement avec les urbanistes, fondent, en 1934, " l'Institut canadien des urbanistes et architectes paysagistes ", qui se scinde en 1961 pour devenir l'Association des architectes paysagistes du Canada.
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Les années soixante reflètent la réforme de la société québécoise et l'apparition de grands projets, ceux de l'exposition universelle à Montréal en 1967 et de l'Hôtel Bonaventure avec son fameux jardin-terrasse. C'est avec l'achèvement de
l'Expo, qu'une vingtaine d'architectes paysagistes s'organisent et fondent le 2 juillet 1965, l'Association des architectes paysagistes du Québec (AAPQ).
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En 1968, est mis sur pied un programme d'éducation universitaire en architecture de paysage à l'Université de Montréal d'une durée de quatre ans.
Cette école est la seule institution en Amérique du Nord à diffuser un enseignement en langue française pour l'architecture de paysage. Les premiers diplômés de l'Université de Montréal à partir de 1972, font rapidement leur place dans les ministères, les sociétés para-gouvernementales et créent de nouvelles firmes privées.
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| Les grands mouvements d'aménagement au Québec se poursuivent par la création de parcs nationaux et de parcs provinciaux de conservation et de récréation. Puis, c'est avec la tenue des Jeux Olympiques de Montréal que la pratique de l'architecture de paysage reprend un nouvel essor. Enfin, avec les Floralies internationales de Montréal, un réel engouement pour l'aménagement résidentiel se dessine chez les québécois.
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